Changement de décor pour cette 8e séance, le séminaire se déplace à Coeur Défense à la rencontre des équipes de Paris La Défense. Héritier d’une forme urbaine et d’une histoire institutionnelle singulières, l’aménageur est aussi exploitant d’espaces publics qui se patrimonialisent autant qu’il se reconfigurent. Sans l’avoir pleinement revendiquée, cette forme de gestion intégrée s’est imposée au fil des crises, des réinvestissements et de l’absence de relais communal.
Nos deux intervenants, David Guerra et Damien Oberlé, nous partagent leur expérience pour révéler la trame matérielle de ces espaces peuplés d’objets, et faire dialoguer les temporalités qui entrent en friction dans l’épaisseur du projet dans un langage commun où concevoir, prescrire et maintenir se conjuguent avec connaître. Et nous avons le plaisir de compter parmi nous Daniel Florentin, chercheur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, pour ouvrir la discussion.
© Luc Delamain
Ingénieure-architecte diplômée de l’INSA et de l’ENSA de Toulouse, Zeineb Kilani est cheffe de projet en maîtrise d’ouvrage publique.
Depuis près de dix ans, elle intervient sur des projets urbains et d’espaces publics complexes, assurant leur pilotage technique, juridique et financier, de la conception à la réalisation. Elle conduit aujourd’hui le projet du parc de l’Esplanade de La Défense (5 ha, 29 M€, 2023–2028) au sein de Paris la Défense. Elle a auparavant travaillé sur des opérations parisiennes majeures telles que le projet ONE – site Tour Eiffel (2021–2023), OASIS Montparnasse (2019–2021), la coordination des chantiers de la Porte Maillot (2019), ainsi que la Canopée et le Forum des Halles (2016–2019) lors de son expérience chez PariSeine.
Son parcours croise architecture, ingénierie et action publique, avec un intérêt particulier pour la gouvernance de projets, la transition écologique et les conditions de fabrication et de maintien des espaces collectifs.
© Luc Delamain
David GUERRA a été charge pendant 20 ans des services Exploitation des espaces publics de La Défense, au sein de Defacto, gestionnaire du quartier d’affaires, puis de Paris La Défense après la fusion avec l’EPA.
Il est aujourd’hui directeur des Services au Territoire et des Mobilités de Paris La Défense a pour mission la définition et la mise en œuvre des stratégies générales d’entretien, d’investissement et de mobilités du territoire.
© Luc Delamain
Ingénieur paysagiste, Damien OBERLE a exercé dans la maîtrise d’œuvre comme chef de projet avant de rejoindre la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation comme directeur des espaces verts puis directeur des espaces publics à Puteaux et Montrouge avant de prendre la direction du pôle Espaces Publics de Paris La Défense en 2022. Il est aujourd’hui directeur adjoint des Services au Territoire aux côtés de David GUERRA.
© Luc Delamain
Il est actuellement chercheur à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, au pôle de formation à l’action publique, où il est responsable des projets articulant transition écologique et action publique.
Il a été, durant huit ans (2016-2024), maître-assistant en environnement et études urbaines à l’École des Mines de Paris (Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement). Il y a développé ses travaux de recherche en lien étroit avec le Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) et a été co-responsable de la formation ENVIM (International Environmental Management).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) et agrégé de géographie, il a poursuivi un cursus en aménagement du territoire et urbanisme à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
De
à
Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées
Changement de décor pour cette 8e séance, le séminaire se déplace à Coeur Défense à la rencontre des équipes de Paris La Défense. Héritier d’une forme urbaine et d’une histoire institutionnelle singulières, l’aménageur est aussi exploitant d’espaces publics qui se patrimonialisent autant qu’il se reconfigurent. Sans l’avoir pleinement revendiquée, cette forme de gestion intégrée s’est imposée au fil des crises, des réinvestissements et de l’absence de relais communal.
Nos deux intervenants, David Guerra et Damien Oberlé, nous partagent leur expérience pour révéler la trame matérielle de ces espaces peuplés d’objets, et faire dialoguer les temporalités qui entrent en friction dans l’épaisseur du projet dans un langage commun où concevoir, prescrire et maintenir se conjuguent avec connaître. Et nous avons le plaisir de compter parmi nous Daniel Florentin, chercheur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, pour ouvrir la discussion.
© Luc Delamain
Ingénieure-architecte diplômée de l’INSA et de l’ENSA de Toulouse, Zeineb Kilani est cheffe de projet en maîtrise d’ouvrage publique.
Depuis près de dix ans, elle intervient sur des projets urbains et d’espaces publics complexes, assurant leur pilotage technique, juridique et financier, de la conception à la réalisation. Elle conduit aujourd’hui le projet du parc de l’Esplanade de La Défense (5 ha, 29 M€, 2023–2028) au sein de Paris la Défense. Elle a auparavant travaillé sur des opérations parisiennes majeures telles que le projet ONE – site Tour Eiffel (2021–2023), OASIS Montparnasse (2019–2021), la coordination des chantiers de la Porte Maillot (2019), ainsi que la Canopée et le Forum des Halles (2016–2019) lors de son expérience chez PariSeine.
Son parcours croise architecture, ingénierie et action publique, avec un intérêt particulier pour la gouvernance de projets, la transition écologique et les conditions de fabrication et de maintien des espaces collectifs.
© Luc Delamain
David GUERRA a été charge pendant 20 ans des services Exploitation des espaces publics de La Défense, au sein de Defacto, gestionnaire du quartier d’affaires, puis de Paris La Défense après la fusion avec l’EPA.
Il est aujourd’hui directeur des Services au Territoire et des Mobilités de Paris La Défense a pour mission la définition et la mise en œuvre des stratégies générales d’entretien, d’investissement et de mobilités du territoire.
© Luc Delamain
Ingénieur paysagiste, Damien OBERLE a exercé dans la maîtrise d’œuvre comme chef de projet avant de rejoindre la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation comme directeur des espaces verts puis directeur des espaces publics à Puteaux et Montrouge avant de prendre la direction du pôle Espaces Publics de Paris La Défense en 2022. Il est aujourd’hui directeur adjoint des Services au Territoire aux côtés de David GUERRA.
© Luc Delamain
Il est actuellement chercheur à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, au pôle de formation à l’action publique, où il est responsable des projets articulant transition écologique et action publique.
Il a été, durant huit ans (2016-2024), maître-assistant en environnement et études urbaines à l’École des Mines de Paris (Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement). Il y a développé ses travaux de recherche en lien étroit avec le Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) et a été co-responsable de la formation ENVIM (International Environmental Management).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) et agrégé de géographie, il a poursuivi un cursus en aménagement du territoire et urbanisme à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
Comment faire remonter les préoccupations de l’exploitation en amont des projets de conception ? Quelles formes de prescriptions peuvent émaner de la maintenance ? La question est vaste, et les enjeux sont multiples. À partir d’un retour d’expérience d’une initiative au long cours menée au sein de l’établissement public local ****Paris La Défense, et de sa position particulière d’aménageur-exploitant, cette séance a dessiné deux pistes principales pour l’aborder : celle de l’organisation concrète des échanges entre les représentants du projet et les représentants de la maintenance d’une part, celle du retour réflexif sur l’activité d’exploitation et son objet sur lequel une telle démarche peut s’appuyer.
Faire « remonter » la parole des exploitants en amont des projets n’a rien d’évident. C’est d’abord un apprentissage collectif, où les enseignements vont dans les deux sens.
Si l’objectif est bien que les concepteurs puissent acquérir une vision le plus tôt possible des implications de leur projet en termes de gestion, le mouvement se joue aussi dans l’autre sens : pour que les préoccupations de l’exploitation soient entendues, leurs nombreux porte-parole doivent apprendre à formuler leurs retours sur les différentes phases du projet. Cela passe notamment par une maîtrise des niveaux de détail et une compréhension des cadres de raisonnement spécifiques à chaque étape.
Au-delà de cet apprentissage collectif, ces échanges sont aussi une affaire de traduction continue : les exploitants formulent des demandes à la MOA, qui les mettent en forme pour les transmettre à la MOE, qui traite les questions, et les réponses suivent le chemin inverse, au fil des reformulations successives.
Finalement, dans ce processus, les référents métiers de l’exploitation apprennent la « culture du projet ». Comme le dit Damien Oberlé, une manière de résumer la démarche pourrait être de « penser la maintenance comme projet ».
Cela passe en l’occurrence par une gestion du temps spécifique qui se cristallise autour de trois étapes principales : AVP, PRO, puis la rédaction du DOE.
Mais le temps du projet est aussi un temps long qui met à l’épreuve certains échanges et certaines décisions. Il arrive que des demandes effectuées deux ans plutôt s’avèrent finalement obsolètes… Dans cette perspective, l’abus de formalisme et d’échanges à distance peut s’avérer problématique. C’est pourquoi, dès qu’un sujet apparaît clivant, l’équipe organise des réunions qui assurent les meilleures conditions d’un échange en direct, bien plus productif.
Autre outil essentiel : la mise en place de tests qui permettent de mettre des objets ou des matières à l’épreuve de l’exploitation. Si ces expérimentations à petite échelle ont bien entendu leurs limites, elles sont à leur manière aussi des occasions d’échanger et de s’accorder en situation concrète.
Finalement, l’un des enjeux revient à s’assurer que le moment de l’inauguration du projet, et de ces images léchées et maîtrisées ne soient pas des fictions éphémères qui ne résisteraient pas à l’épreuve du temps long.
Il s’agit donc d’assurer la faisabilité (technique et financière) de la pérennité du projet, mais aussi de renoncer, parfois, à des ambitions qui ne résistent pas à cet examen de faisabilité dans la durée. Cela peut même pousser la MOE (et la MOA) à redessiner certaines images initiales du projet, dont tout le monde a pris conscience, dans ce processus d’échanges, du caractère problématique.
On pourrait être tenté d’imaginer que les savoirs de l’exploitation sont déjà là, à disposition, et qu’il suffirait de les faire circuler en amont du projet, moyennement quelques ajustements de vocabulaire et quelques négociations avec les concepteurs.
Mais que sait on vraiment de l’existant ? Quelles formes prend cette connaissance dans le quotidien de l’exploitation ? L’autre versant de l’initiative particulièrement ambitieuse de PLD tient dans un travail d’inventaire au long cours, qui outille, dans une démarche réflexive, les échanges en consolidant une connaissance jusque-là fragmentée et en grande partie tacite du patrimoine.
Le contexte rend particulièrement délicat cet exercice. Jusque-là, les activités d’aménageur de PLD ont donné lieu à une forme d’urbanisme négocié au cas par cas qui a démultiplié les formes, les matières et les objets dans l’espace à exploiter. Après plusieurs tentatives pour organiser la « remontée » des demandes de l’exploitation sous la forme de plan guide, l’équipe de PLD a donc d’abord tenu à « prendre la mesure » de la grande hétérogénéité de ce qui était effectivement exploité .
Avec l’appui de l’APUR, l’équipe de PLD a lancé une initiative systématique de récolte qui a donné lieu à un atlas. En plaçant la connaissance du stock et l’inventaire de terrain au cœur de la démarche, l’atlas devient un outil non pas de rationalisation pure et dure, mais d’arbitrages et d’élaboration de principes, dans le cadre d’ateliers et par l’intermédiaire de l’identification d’invariants. En produisant une connaissance partagée de ce qui entre dans le patrimoine et de ce qui y reste, l’atlas vient consolider les demandes de l’exploitation destinées à être transmises à la MOE, et les inscrire, au nom de leur maintenabilité, dans la stratégie d’aménagement et de programmation.
Finalement cette démarche ambitieuse et originale peut se présenter, au-delà de l’engagement remarquables de toutes les personnes concernées, comme une manière de repenser le projet en termes de « coût global ». Cela dit, cette expression ne doit pas s’entendre comme une réduction de l’ensemble à la seule dimension financière. Comme le rappelle Daniel Florentin dans sa discussion, ce qui est à l’œuvre ici, c’est une variété de manières de « faire compter » l’exploitation dans la conception. Une initiative qui assume la part d’enquête nécessaire à chaque situation et cultive le caractère génératif de l’échange et des discussions interdisciplinaires.
De
à
Changement de décor pour cette 8e séance, le séminaire se déplace à Coeur Défense à la rencontre des équipes de Paris La Défense. Héritier d’une forme urbaine et d’une histoire institutionnelle singulières, l’aménageur est aussi exploitant d’espaces publics qui se patrimonialisent autant qu’il se reconfigurent. Sans l’avoir pleinement revendiquée, cette forme de gestion intégrée s’est imposée au fil des crises, des réinvestissements et de l’absence de relais communal.
Nos deux intervenants, David Guerra et Damien Oberlé, nous partagent leur expérience pour révéler la trame matérielle de ces espaces peuplés d’objets, et faire dialoguer les temporalités qui entrent en friction dans l’épaisseur du projet dans un langage commun où concevoir, prescrire et maintenir se conjuguent avec connaître. Et nous avons le plaisir de compter parmi nous Daniel Florentin, chercheur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, pour ouvrir la discussion.
© Luc Delamain
Ingénieure-architecte diplômée de l’INSA et de l’ENSA de Toulouse, Zeineb Kilani est cheffe de projet en maîtrise d’ouvrage publique.
Depuis près de dix ans, elle intervient sur des projets urbains et d’espaces publics complexes, assurant leur pilotage technique, juridique et financier, de la conception à la réalisation. Elle conduit aujourd’hui le projet du parc de l’Esplanade de La Défense (5 ha, 29 M€, 2023–2028) au sein de Paris la Défense. Elle a auparavant travaillé sur des opérations parisiennes majeures telles que le projet ONE – site Tour Eiffel (2021–2023), OASIS Montparnasse (2019–2021), la coordination des chantiers de la Porte Maillot (2019), ainsi que la Canopée et le Forum des Halles (2016–2019) lors de son expérience chez PariSeine.
Son parcours croise architecture, ingénierie et action publique, avec un intérêt particulier pour la gouvernance de projets, la transition écologique et les conditions de fabrication et de maintien des espaces collectifs.
© Luc Delamain
David GUERRA a été charge pendant 20 ans des services Exploitation des espaces publics de La Défense, au sein de Defacto, gestionnaire du quartier d’affaires, puis de Paris La Défense après la fusion avec l’EPA.
Il est aujourd’hui directeur des Services au Territoire et des Mobilités de Paris La Défense a pour mission la définition et la mise en œuvre des stratégies générales d’entretien, d’investissement et de mobilités du territoire.
© Luc Delamain
Ingénieur paysagiste, Damien OBERLE a exercé dans la maîtrise d’œuvre comme chef de projet avant de rejoindre la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation comme directeur des espaces verts puis directeur des espaces publics à Puteaux et Montrouge avant de prendre la direction du pôle Espaces Publics de Paris La Défense en 2022. Il est aujourd’hui directeur adjoint des Services au Territoire aux côtés de David GUERRA.
© Luc Delamain
Il est actuellement chercheur à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, au pôle de formation à l’action publique, où il est responsable des projets articulant transition écologique et action publique.
Il a été, durant huit ans (2016-2024), maître-assistant en environnement et études urbaines à l’École des Mines de Paris (Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement). Il y a développé ses travaux de recherche en lien étroit avec le Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) et a été co-responsable de la formation ENVIM (International Environmental Management).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) et agrégé de géographie, il a poursuivi un cursus en aménagement du territoire et urbanisme à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
De
à
Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées
Changement de décor pour cette 8e séance, le séminaire se déplace à Coeur Défense à la rencontre des équipes de Paris La Défense. Héritier d’une forme urbaine et d’une histoire institutionnelle singulières, l’aménageur est aussi exploitant d’espaces publics qui se patrimonialisent autant qu’il se reconfigurent. Sans l’avoir pleinement revendiquée, cette forme de gestion intégrée s’est imposée au fil des crises, des réinvestissements et de l’absence de relais communal.
Nos deux intervenants, David Guerra et Damien Oberlé, nous partagent leur expérience pour révéler la trame matérielle de ces espaces peuplés d’objets, et faire dialoguer les temporalités qui entrent en friction dans l’épaisseur du projet dans un langage commun où concevoir, prescrire et maintenir se conjuguent avec connaître. Et nous avons le plaisir de compter parmi nous Daniel Florentin, chercheur à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, pour ouvrir la discussion.
© Luc Delamain
Ingénieure-architecte diplômée de l’INSA et de l’ENSA de Toulouse, Zeineb Kilani est cheffe de projet en maîtrise d’ouvrage publique.
Depuis près de dix ans, elle intervient sur des projets urbains et d’espaces publics complexes, assurant leur pilotage technique, juridique et financier, de la conception à la réalisation. Elle conduit aujourd’hui le projet du parc de l’Esplanade de La Défense (5 ha, 29 M€, 2023–2028) au sein de Paris la Défense. Elle a auparavant travaillé sur des opérations parisiennes majeures telles que le projet ONE – site Tour Eiffel (2021–2023), OASIS Montparnasse (2019–2021), la coordination des chantiers de la Porte Maillot (2019), ainsi que la Canopée et le Forum des Halles (2016–2019) lors de son expérience chez PariSeine.
Son parcours croise architecture, ingénierie et action publique, avec un intérêt particulier pour la gouvernance de projets, la transition écologique et les conditions de fabrication et de maintien des espaces collectifs.
© Luc Delamain
David GUERRA a été charge pendant 20 ans des services Exploitation des espaces publics de La Défense, au sein de Defacto, gestionnaire du quartier d’affaires, puis de Paris La Défense après la fusion avec l’EPA.
Il est aujourd’hui directeur des Services au Territoire et des Mobilités de Paris La Défense a pour mission la définition et la mise en œuvre des stratégies générales d’entretien, d’investissement et de mobilités du territoire.
© Luc Delamain
Ingénieur paysagiste, Damien OBERLE a exercé dans la maîtrise d’œuvre comme chef de projet avant de rejoindre la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation comme directeur des espaces verts puis directeur des espaces publics à Puteaux et Montrouge avant de prendre la direction du pôle Espaces Publics de Paris La Défense en 2022. Il est aujourd’hui directeur adjoint des Services au Territoire aux côtés de David GUERRA.
© Luc Delamain
Il est actuellement chercheur à l’École Nationale des Ponts et Chaussées, au pôle de formation à l’action publique, où il est responsable des projets articulant transition écologique et action publique.
Il a été, durant huit ans (2016-2024), maître-assistant en environnement et études urbaines à l’École des Mines de Paris (Institut Supérieur d’Ingénierie et de Gestion de l’Environnement). Il y a développé ses travaux de recherche en lien étroit avec le Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) et a été co-responsable de la formation ENVIM (International Environmental Management).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) et agrégé de géographie, il a poursuivi un cursus en aménagement du territoire et urbanisme à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
Comment faire remonter les préoccupations de l’exploitation en amont des projets de conception ? Quelles formes de prescriptions peuvent émaner de la maintenance ? La question est vaste, et les enjeux sont multiples. À partir d’un retour d’expérience d’une initiative au long cours menée au sein de l’établissement public local ****Paris La Défense, et de sa position particulière d’aménageur-exploitant, cette séance a dessiné deux pistes principales pour l’aborder : celle de l’organisation concrète des échanges entre les représentants du projet et les représentants de la maintenance d’une part, celle du retour réflexif sur l’activité d’exploitation et son objet sur lequel une telle démarche peut s’appuyer.
Faire « remonter » la parole des exploitants en amont des projets n’a rien d’évident. C’est d’abord un apprentissage collectif, où les enseignements vont dans les deux sens.
Si l’objectif est bien que les concepteurs puissent acquérir une vision le plus tôt possible des implications de leur projet en termes de gestion, le mouvement se joue aussi dans l’autre sens : pour que les préoccupations de l’exploitation soient entendues, leurs nombreux porte-parole doivent apprendre à formuler leurs retours sur les différentes phases du projet. Cela passe notamment par une maîtrise des niveaux de détail et une compréhension des cadres de raisonnement spécifiques à chaque étape.
Au-delà de cet apprentissage collectif, ces échanges sont aussi une affaire de traduction continue : les exploitants formulent des demandes à la MOA, qui les mettent en forme pour les transmettre à la MOE, qui traite les questions, et les réponses suivent le chemin inverse, au fil des reformulations successives.
Finalement, dans ce processus, les référents métiers de l’exploitation apprennent la « culture du projet ». Comme le dit Damien Oberlé, une manière de résumer la démarche pourrait être de « penser la maintenance comme projet ».
Cela passe en l’occurrence par une gestion du temps spécifique qui se cristallise autour de trois étapes principales : AVP, PRO, puis la rédaction du DOE.
Mais le temps du projet est aussi un temps long qui met à l’épreuve certains échanges et certaines décisions. Il arrive que des demandes effectuées deux ans plutôt s’avèrent finalement obsolètes… Dans cette perspective, l’abus de formalisme et d’échanges à distance peut s’avérer problématique. C’est pourquoi, dès qu’un sujet apparaît clivant, l’équipe organise des réunions qui assurent les meilleures conditions d’un échange en direct, bien plus productif.
Autre outil essentiel : la mise en place de tests qui permettent de mettre des objets ou des matières à l’épreuve de l’exploitation. Si ces expérimentations à petite échelle ont bien entendu leurs limites, elles sont à leur manière aussi des occasions d’échanger et de s’accorder en situation concrète.
Finalement, l’un des enjeux revient à s’assurer que le moment de l’inauguration du projet, et de ces images léchées et maîtrisées ne soient pas des fictions éphémères qui ne résisteraient pas à l’épreuve du temps long.
Il s’agit donc d’assurer la faisabilité (technique et financière) de la pérennité du projet, mais aussi de renoncer, parfois, à des ambitions qui ne résistent pas à cet examen de faisabilité dans la durée. Cela peut même pousser la MOE (et la MOA) à redessiner certaines images initiales du projet, dont tout le monde a pris conscience, dans ce processus d’échanges, du caractère problématique.
On pourrait être tenté d’imaginer que les savoirs de l’exploitation sont déjà là, à disposition, et qu’il suffirait de les faire circuler en amont du projet, moyennement quelques ajustements de vocabulaire et quelques négociations avec les concepteurs.
Mais que sait on vraiment de l’existant ? Quelles formes prend cette connaissance dans le quotidien de l’exploitation ? L’autre versant de l’initiative particulièrement ambitieuse de PLD tient dans un travail d’inventaire au long cours, qui outille, dans une démarche réflexive, les échanges en consolidant une connaissance jusque-là fragmentée et en grande partie tacite du patrimoine.
Le contexte rend particulièrement délicat cet exercice. Jusque-là, les activités d’aménageur de PLD ont donné lieu à une forme d’urbanisme négocié au cas par cas qui a démultiplié les formes, les matières et les objets dans l’espace à exploiter. Après plusieurs tentatives pour organiser la « remontée » des demandes de l’exploitation sous la forme de plan guide, l’équipe de PLD a donc d’abord tenu à « prendre la mesure » de la grande hétérogénéité de ce qui était effectivement exploité .
Avec l’appui de l’APUR, l’équipe de PLD a lancé une initiative systématique de récolte qui a donné lieu à un atlas. En plaçant la connaissance du stock et l’inventaire de terrain au cœur de la démarche, l’atlas devient un outil non pas de rationalisation pure et dure, mais d’arbitrages et d’élaboration de principes, dans le cadre d’ateliers et par l’intermédiaire de l’identification d’invariants. En produisant une connaissance partagée de ce qui entre dans le patrimoine et de ce qui y reste, l’atlas vient consolider les demandes de l’exploitation destinées à être transmises à la MOE, et les inscrire, au nom de leur maintenabilité, dans la stratégie d’aménagement et de programmation.
Finalement cette démarche ambitieuse et originale peut se présenter, au-delà de l’engagement remarquables de toutes les personnes concernées, comme une manière de repenser le projet en termes de « coût global ». Cela dit, cette expression ne doit pas s’entendre comme une réduction de l’ensemble à la seule dimension financière. Comme le rappelle Daniel Florentin dans sa discussion, ce qui est à l’œuvre ici, c’est une variété de manières de « faire compter » l’exploitation dans la conception. Une initiative qui assume la part d’enquête nécessaire à chaque situation et cultive le caractère génératif de l’échange et des discussions interdisciplinaires.
De
à
Cœur Défense, Tour B, 110 esplanade du Général de Gaulle