SCAU architecture

CSI Mines Paris

SÉMINAIRE

Séance #
4

Aux bons soins de l’apprenti.e architecte

07 juillet 2025

Aux bons soins de l’apprenti.e architecte

07 juillet 2025

Entre pédagogies alternatives et reconfiguration imperceptible des pratiques professionnelles, retour d’expériences sur les approches et pratiques d’enseignement en école d’architecture autour du soin comme cadre d’apprentissage et de projet. Quand l’apprentissage de gestes, l’invention de rituels fondés sur la répétition et la découverte de lectures inédites viennent renouveler les formes d’attention pour explorer le bâtiment comme un corps et envisager les interventions comme autant de postures de soin. En retissant les liens entre architecture et maintenance, ces initiatives recomposent la trame temporelle et matérielle solidement ancrée dans la culture du projet et ménagent un espace appropriable pour repenser le rapport à la question écologique.

Ariane Wilson

© Luc Delamain

Ariane Wilson

Ariane Wilson a enseigné de 2007 à 2013 à la faculté d’architecture de la RWTH Aachen (Allemagne), entre 2014 et 2020 à l’ENSA Paris-Malaquais, entre 2020 et 2023 à l’ENSA de Strasbourg (où elle coordonnait aussi un diplôme franco-allemand avec l’université de Dresde), et depuis 2023 à l’ENSA Paris-Malaquais. Elle expérimente la micro-analyse inventive des lieux comme fondement du projet d’architecture en développant une pédagogie et une pratique de la marche en tant qu’enquête. Dans ce cadre, elle tire des « material cultures studies » une méthode d’investigation d’objets et de situations-indices pour comprendre des phénomènes territoriaux plus vastes. Elle a été invitée par des intercommunalités à arpenter leur pays et créer des promenades avec les habitants. Actuellement, elle explore par ces approches les territoires frontaliers que sont d’une part les franges franciliennes, les tripoints, et les communautés diasporiques. Elle est sensible aux approches sensorielles de la ville et travaille en particulier sur la perception de l’espace et des lieux par l’écoute. Ses recherches portent également sur la dimension politique et culturelle des matériaux d’architecture, suite à une pratique de la construction en terre crue. Elle est l’auteure de nombreux articles dans la presse architecturale, de deux récits de voyage, et a été membre du comité de rédaction de la revue Criticat.

7 juillet 2025

De

10:00

à

13:00
Ecole de Mines
Modalités d'inscription

Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées

Entre pédagogies alternatives et reconfiguration imperceptible des pratiques professionnelles, retour d’expériences sur les approches et pratiques d’enseignement en école d’architecture autour du soin comme cadre d’apprentissage et de projet. Quand l’apprentissage de gestes, l’invention de rituels fondés sur la répétition et la découverte de lectures inédites viennent renouveler les formes d’attention pour explorer le bâtiment comme un corps et envisager les interventions comme autant de postures de soin. En retissant les liens entre architecture et maintenance, ces initiatives recomposent la trame temporelle et matérielle solidement ancrée dans la culture du projet et ménagent un espace appropriable pour repenser le rapport à la question écologique.

Ariane Wilson

© Luc Delamain

Ariane Wilson

Ariane Wilson a enseigné de 2007 à 2013 à la faculté d’architecture de la RWTH Aachen (Allemagne), entre 2014 et 2020 à l’ENSA Paris-Malaquais, entre 2020 et 2023 à l’ENSA de Strasbourg (où elle coordonnait aussi un diplôme franco-allemand avec l’université de Dresde), et depuis 2023 à l’ENSA Paris-Malaquais. Elle expérimente la micro-analyse inventive des lieux comme fondement du projet d’architecture en développant une pédagogie et une pratique de la marche en tant qu’enquête. Dans ce cadre, elle tire des « material cultures studies » une méthode d’investigation d’objets et de situations-indices pour comprendre des phénomènes territoriaux plus vastes. Elle a été invitée par des intercommunalités à arpenter leur pays et créer des promenades avec les habitants. Actuellement, elle explore par ces approches les territoires frontaliers que sont d’une part les franges franciliennes, les tripoints, et les communautés diasporiques. Elle est sensible aux approches sensorielles de la ville et travaille en particulier sur la perception de l’espace et des lieux par l’écoute. Ses recherches portent également sur la dimension politique et culturelle des matériaux d’architecture, suite à une pratique de la construction en terre crue. Elle est l’auteure de nombreux articles dans la presse architecturale, de deux récits de voyage, et a été membre du comité de rédaction de la revue Criticat.

Une séance particulière dans le programme du séminaire, autour de l’enseignement en école d’architecture et des pratiques susceptibles d’éveiller les futurs architectes à la maintenance appréhendée au sens large comme une forme particulière d’attention qui réinterroge le processus de projet ou comme une confrontation matérielle à l’usure par-delà l’usage.

A partir d’expériences ponctuelles ou de projets pédagogiques plus poussés, comme celui développé pendant plusieurs années par Ariane Wilson à l’ENSA Malaquais et à l’ENSA de Strasbourg, cet échange croisé ouvre quelques champs de réflexion et d’expérimentation.

  1. Une pédagogie qui passe par le rituel, la répétition et un engagement au long cours
  2. Le rôle essentiel (mais aussi risqué) des affects d’une part, et de la part phénoménologique de l’autre. Ce qui se traduit dans certains travaux des élèves dans un attachement au logis, à l’expérience personnelle et peut laisser de côté l’espace public, et certaines dimensions politiques de la maintenance professionnelle.
  3. Plusieurs expériences consistent à prendre l’école elle-même comme objet d’investigation et de pratique. De la même manière que les architectes de copropriétés s’évertuent à faire exister le lieu commun des parties communes, on retrouve cette approche dans les exercices qui se penchent sur l’école : un horizon de reconstruction du commun à partir de la matérialité des lieux, et si possible en décloisonnant les positions des uns et des autres (enseignant·es, élèves, personnel administratif, technicien·es, personnel d’entretien).
  4. Plus généralement, la maintenance apparaît à chaque fois (et c’est une bonne chose) comme un moyen pédagogique, et non comme une fin. C’est un instrument qui permet d’ouvrir les élèves à la question de la vie du bâtiment, aux enjeux de la fragilité matérielle et au rôle des architectes, en lien avec d’autres acteurs que l’on découvre dans ce mouvement, au-delà de la conception et de la construction.
  5. Quelques enjeux et perspectives Des pistes de connexions possibles avec des tendances actuelles dans l’enseignement : le retour de la matérialité (mais pour l’instant encore très liée à l’inertie) ou l’importance grandissante de la réhabilitation, de la transformation. Autant de sujets qui pourraient se nourrir des questions de maintenance (et inversement).

    S’appuyer sur le retour du sensible dans les écoles d’architecture tout en le redirigeant au-delà de la focalisation sur “le vivant” qui produit des effets d’exclusion forts.

    Partir de matériaux plus rébarbatifs comme les documents produits par la profession comme les DOE, les dossiers comptables, les pièces techniques et juridiques liées aux contentieux, etc., pour retrouver d’autres traces de la maintenance et de son importance et éviter ainsi les chausse-trappes de la romanticisation et de l’esthétisation.

    À l’horizon aussi, une “déprojectification” de l’enseignement de l’architecture dans la lignée des travaux menés par Pauline Lefebvre et Thiphaine Abenia à l’Université Libre de Bruxelles notamment.

  6. Des risques Le terme est à la mode, il peut être très romanticisé ou se vider de son sens, ou dans tous les cas rester très théorique pour certain·es élèves. L’un des moyens d’éviter cela consiste à installer des formats de suivi (shadowing) de métiers de l’entretien, pour que les aspects rébarbatifs de l’activité soit tout de suite perçus et compris.

Bibliographie

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7 juillet 2025

De

10:00

à

13:00
Ecole de Mines
Introduction

Entre pédagogies alternatives et reconfiguration imperceptible des pratiques professionnelles, retour d’expériences sur les approches et pratiques d’enseignement en école d’architecture autour du soin comme cadre d’apprentissage et de projet. Quand l’apprentissage de gestes, l’invention de rituels fondés sur la répétition et la découverte de lectures inédites viennent renouveler les formes d’attention pour explorer le bâtiment comme un corps et envisager les interventions comme autant de postures de soin. En retissant les liens entre architecture et maintenance, ces initiatives recomposent la trame temporelle et matérielle solidement ancrée dans la culture du projet et ménagent un espace appropriable pour repenser le rapport à la question écologique.

Intervenant·es
Ariane Wilson

© Luc Delamain

Ariane Wilson

Ariane Wilson a enseigné de 2007 à 2013 à la faculté d’architecture de la RWTH Aachen (Allemagne), entre 2014 et 2020 à l’ENSA Paris-Malaquais, entre 2020 et 2023 à l’ENSA de Strasbourg (où elle coordonnait aussi un diplôme franco-allemand avec l’université de Dresde), et depuis 2023 à l’ENSA Paris-Malaquais. Elle expérimente la micro-analyse inventive des lieux comme fondement du projet d’architecture en développant une pédagogie et une pratique de la marche en tant qu’enquête. Dans ce cadre, elle tire des « material cultures studies » une méthode d’investigation d’objets et de situations-indices pour comprendre des phénomènes territoriaux plus vastes. Elle a été invitée par des intercommunalités à arpenter leur pays et créer des promenades avec les habitants. Actuellement, elle explore par ces approches les territoires frontaliers que sont d’une part les franges franciliennes, les tripoints, et les communautés diasporiques. Elle est sensible aux approches sensorielles de la ville et travaille en particulier sur la perception de l’espace et des lieux par l’écoute. Ses recherches portent également sur la dimension politique et culturelle des matériaux d’architecture, suite à une pratique de la construction en terre crue. Elle est l’auteure de nombreux articles dans la presse architecturale, de deux récits de voyage, et a été membre du comité de rédaction de la revue Criticat.

Infos pratiques
7 juillet 2025

De

10:00

à

13:00
Ecole de Mines
Modalités d'inscription

Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées

Introduction

Entre pédagogies alternatives et reconfiguration imperceptible des pratiques professionnelles, retour d’expériences sur les approches et pratiques d’enseignement en école d’architecture autour du soin comme cadre d’apprentissage et de projet. Quand l’apprentissage de gestes, l’invention de rituels fondés sur la répétition et la découverte de lectures inédites viennent renouveler les formes d’attention pour explorer le bâtiment comme un corps et envisager les interventions comme autant de postures de soin. En retissant les liens entre architecture et maintenance, ces initiatives recomposent la trame temporelle et matérielle solidement ancrée dans la culture du projet et ménagent un espace appropriable pour repenser le rapport à la question écologique.

Intervenant·es
Ariane Wilson

© Luc Delamain

Ariane Wilson

Ariane Wilson a enseigné de 2007 à 2013 à la faculté d’architecture de la RWTH Aachen (Allemagne), entre 2014 et 2020 à l’ENSA Paris-Malaquais, entre 2020 et 2023 à l’ENSA de Strasbourg (où elle coordonnait aussi un diplôme franco-allemand avec l’université de Dresde), et depuis 2023 à l’ENSA Paris-Malaquais. Elle expérimente la micro-analyse inventive des lieux comme fondement du projet d’architecture en développant une pédagogie et une pratique de la marche en tant qu’enquête. Dans ce cadre, elle tire des « material cultures studies » une méthode d’investigation d’objets et de situations-indices pour comprendre des phénomènes territoriaux plus vastes. Elle a été invitée par des intercommunalités à arpenter leur pays et créer des promenades avec les habitants. Actuellement, elle explore par ces approches les territoires frontaliers que sont d’une part les franges franciliennes, les tripoints, et les communautés diasporiques. Elle est sensible aux approches sensorielles de la ville et travaille en particulier sur la perception de l’espace et des lieux par l’écoute. Ses recherches portent également sur la dimension politique et culturelle des matériaux d’architecture, suite à une pratique de la construction en terre crue. Elle est l’auteure de nombreux articles dans la presse architecturale, de deux récits de voyage, et a été membre du comité de rédaction de la revue Criticat.

Synthèse

Une séance particulière dans le programme du séminaire, autour de l’enseignement en école d’architecture et des pratiques susceptibles d’éveiller les futurs architectes à la maintenance appréhendée au sens large comme une forme particulière d’attention qui réinterroge le processus de projet ou comme une confrontation matérielle à l’usure par-delà l’usage.

A partir d’expériences ponctuelles ou de projets pédagogiques plus poussés, comme celui développé pendant plusieurs années par Ariane Wilson à l’ENSA Malaquais et à l’ENSA de Strasbourg, cet échange croisé ouvre quelques champs de réflexion et d’expérimentation.

  1. Une pédagogie qui passe par le rituel, la répétition et un engagement au long cours
  2. Le rôle essentiel (mais aussi risqué) des affects d’une part, et de la part phénoménologique de l’autre. Ce qui se traduit dans certains travaux des élèves dans un attachement au logis, à l’expérience personnelle et peut laisser de côté l’espace public, et certaines dimensions politiques de la maintenance professionnelle.
  3. Plusieurs expériences consistent à prendre l’école elle-même comme objet d’investigation et de pratique. De la même manière que les architectes de copropriétés s’évertuent à faire exister le lieu commun des parties communes, on retrouve cette approche dans les exercices qui se penchent sur l’école : un horizon de reconstruction du commun à partir de la matérialité des lieux, et si possible en décloisonnant les positions des uns et des autres (enseignant·es, élèves, personnel administratif, technicien·es, personnel d’entretien).
  4. Plus généralement, la maintenance apparaît à chaque fois (et c’est une bonne chose) comme un moyen pédagogique, et non comme une fin. C’est un instrument qui permet d’ouvrir les élèves à la question de la vie du bâtiment, aux enjeux de la fragilité matérielle et au rôle des architectes, en lien avec d’autres acteurs que l’on découvre dans ce mouvement, au-delà de la conception et de la construction.
  5. Quelques enjeux et perspectives Des pistes de connexions possibles avec des tendances actuelles dans l’enseignement : le retour de la matérialité (mais pour l’instant encore très liée à l’inertie) ou l’importance grandissante de la réhabilitation, de la transformation. Autant de sujets qui pourraient se nourrir des questions de maintenance (et inversement).

    S’appuyer sur le retour du sensible dans les écoles d’architecture tout en le redirigeant au-delà de la focalisation sur “le vivant” qui produit des effets d’exclusion forts.

    Partir de matériaux plus rébarbatifs comme les documents produits par la profession comme les DOE, les dossiers comptables, les pièces techniques et juridiques liées aux contentieux, etc., pour retrouver d’autres traces de la maintenance et de son importance et éviter ainsi les chausse-trappes de la romanticisation et de l’esthétisation.

    À l’horizon aussi, une “déprojectification” de l’enseignement de l’architecture dans la lignée des travaux menés par Pauline Lefebvre et Thiphaine Abenia à l’Université Libre de Bruxelles notamment.

  6. Des risques Le terme est à la mode, il peut être très romanticisé ou se vider de son sens, ou dans tous les cas rester très théorique pour certain·es élèves. L’un des moyens d’éviter cela consiste à installer des formats de suivi (shadowing) de métiers de l’entretien, pour que les aspects rébarbatifs de l’activité soit tout de suite perçus et compris.

Bibliographie

ALLER PLUS LOIN

Infos pratiques
7 juillet 2025

De

10:00

à

13:00

Ecole de Mines