SCAU architecture

CSI Mines Paris

SÉMINAIRE

Séance #
3

Assurance et maintenance : de la ligne de fuite au point de rupture 

12 juin 2025

Assurance et maintenance : de la ligne de fuite au point de rupture 

12 juin 2025

Le séminaire se penche sur « l’affaire des balcons d’Angers » en croisant les regards de l’expert et de l’assureur.
Missionné par l’assureur pour se confronter à l’épreuve du réel, enquêter, analyser, formuler des hypothèses de causalité, l’expert partage sans doute avec le mainteneur une même expérience sensible de l’altération, une manière d’aborder les ouvrages dans un dialogue singulier avec les matériaux et les agencements techniques. « En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique, sur une période qui pourrait être repensée comme celle du « délai d’épreuve » de l’ouvrage. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.
En s’immisçant dans le pli des techniques, l’expert se fait à la fois le témoin de toutes ces formes d’altération de l’ouvrage et l’interprète des relations qui se tissent autour de celui-ci, en reconstituant les mécanismes d’attribution, de régulation et d’organisation mis en place à mesure que l’ouvrage façonne son propre mode d’existence.

Michel Klein
Michel Klein

Directeur Général Adjoint chez MAF · Expérience : Mutuelle des Architectes Français assurances

Ludovic Patouret
Ludovic Patouret

Ingénieur-Expert, Gérant chez GECAMEX

12 juin 2025

De

10:00

à

13:00
Agence SCAU, 35 rue Tournefort, 75005 Paris
Modalités d'inscription

Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées

Le séminaire se penche sur « l’affaire des balcons d’Angers » en croisant les regards de l’expert et de l’assureur.
Missionné par l’assureur pour se confronter à l’épreuve du réel, enquêter, analyser, formuler des hypothèses de causalité, l’expert partage sans doute avec le mainteneur une même expérience sensible de l’altération, une manière d’aborder les ouvrages dans un dialogue singulier avec les matériaux et les agencements techniques. « En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique, sur une période qui pourrait être repensée comme celle du « délai d’épreuve » de l’ouvrage. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.
En s’immisçant dans le pli des techniques, l’expert se fait à la fois le témoin de toutes ces formes d’altération de l’ouvrage et l’interprète des relations qui se tissent autour de celui-ci, en reconstituant les mécanismes d’attribution, de régulation et d’organisation mis en place à mesure que l’ouvrage façonne son propre mode d’existence.

Michel Klein
Michel Klein

Directeur Général Adjoint chez MAF · Expérience : Mutuelle des Architectes Français assurances

Ludovic Patouret
Ludovic Patouret

Ingénieur-Expert, Gérant chez GECAMEX

L’expertise comme la maintenance n’est pas une activité codifiée, ni enseignée. Elle s’appuie sur une somme d’expériences et se pratique dans une zone grise, dans un double mouvement d’itération entre un état de perfection et l’objet imparfait de l’expertise, et de reconstitution de la ligne du temps, pour retracer la vie d’ouvrages moins inertes qu’on ne le suppose. Cette zone grise, c’est plus largement celle qui se trouve dans l’ombre d’un cadre assurantiel, qui lui est très codifié et borné dans le temps : entre garantie de parfait achèvement et garantie décennale, ce système assurantiel organisé autour de la phase de conception-réalisation de l’ouvrage entretient l’idée d’une perfection originelle qui laisse peu place pour l’entretien et la maintenance, a fortorio parce qu’il n’existe pas de cadre réglementaire sur la maintenance A travers un cas qui a défrayé la chronique il y a quelques années, dix-huit ans après sa réception, huit ans après le délai d’expiration de la décennale, le récit met en lumière de nombreuses pistes de réflexion.

Accepter l’imperfection :

« En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.

Le délai d’épreuve :

repenser la décennale comme la période où se construisent les connaissances sur l’ouvrage, la période d’identification de ses imperfections mais aussi de son altération, “le moment où le bâtiment pourrait s’exprimer et pendant lequel il faut être attentif et apprendre à le connaître : tout processus de production, admet des imperfections. Le but c’est de les déceler en temps et en heure.  Si l’imperfection n’est pas décelée au moment de la réception, elle est censée se manifester dans le délai d’épreuves”.

La vie matérielle, mode d’emploi :

: dans la réglementation comme en droit, l’immeuble est présupposé inerte comme si tout se jouait entre la conception et la réalisation. La vie de l’ouvrage compte peu dans l’instruction des litiges et l’ouvrage n’est jamais livré avec son mode d’emploi.

“Au final, tout ça se passe sur un court laps de temps. On ne prend pas le temps en effet de questionner le projet par rapport au futur. On ne prend pas le temps de se projeter dans le futur.”

Le carnet d’entretien, journal de bord de l’immeuble ?

L’expert est celui qui reconstitue a posteriori la vie de l’immeuble là où une pratique effective et partagée des carnets d’entretien pourrait contribuer à produire et partager la connaissance de l’ouvrage sur le temps long. Un outil à réinterroger pour donner corps à l’ouvrage et en prendre soin ?

L’obsolescence, une affaire de valeur ?

Derrière l’idée d’une dégradation inéluctable de la valeur des actifs se loge la croyance d’un état idéal de l’ouvrage qui serait nécessairement au plus proche de la conception, et ne pourrait que s’en éloigner au fil du temps jusqu’à la prochaine restructuration.

Réglementer l’attention ?

: « La maintenance est une affaire d’attention permanente : si on ne sort pas de la norme, on risque de rater des choses ». Dans l’univers très normatif de la construction, quelle place pour légiférer et normer en matière de maintenance ?

Bibliographie

Aller plus loin

SÉANCE #3
Presse / Revues
Drame des balcons effondrés : quatre semaines de procès à Angers
Yves Tréca-Durand
12 juin 2025

De

10:00

à

13:00
Agence SCAU, 35 rue Tournefort, 75005 Paris
Introduction

Le séminaire se penche sur « l’affaire des balcons d’Angers » en croisant les regards de l’expert et de l’assureur.
Missionné par l’assureur pour se confronter à l’épreuve du réel, enquêter, analyser, formuler des hypothèses de causalité, l’expert partage sans doute avec le mainteneur une même expérience sensible de l’altération, une manière d’aborder les ouvrages dans un dialogue singulier avec les matériaux et les agencements techniques. « En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique, sur une période qui pourrait être repensée comme celle du « délai d’épreuve » de l’ouvrage. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.
En s’immisçant dans le pli des techniques, l’expert se fait à la fois le témoin de toutes ces formes d’altération de l’ouvrage et l’interprète des relations qui se tissent autour de celui-ci, en reconstituant les mécanismes d’attribution, de régulation et d’organisation mis en place à mesure que l’ouvrage façonne son propre mode d’existence.

Intervenant·es
Michel Klein
Michel Klein

Directeur Général Adjoint chez MAF · Expérience : Mutuelle des Architectes Français assurances

Ludovic Patouret
Ludovic Patouret

Ingénieur-Expert, Gérant chez GECAMEX

Infos pratiques
12 juin 2025

De

10:00

à

13:00
Agence SCAU, 35 rue Tournefort, 75005 Paris
Modalités d'inscription

Inscription libre mais obligatoire
Les séances se déroulent uniquement en présentiel
Places limitées

Introduction

Le séminaire se penche sur « l’affaire des balcons d’Angers » en croisant les regards de l’expert et de l’assureur.
Missionné par l’assureur pour se confronter à l’épreuve du réel, enquêter, analyser, formuler des hypothèses de causalité, l’expert partage sans doute avec le mainteneur une même expérience sensible de l’altération, une manière d’aborder les ouvrages dans un dialogue singulier avec les matériaux et les agencements techniques. « En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique, sur une période qui pourrait être repensée comme celle du « délai d’épreuve » de l’ouvrage. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.
En s’immisçant dans le pli des techniques, l’expert se fait à la fois le témoin de toutes ces formes d’altération de l’ouvrage et l’interprète des relations qui se tissent autour de celui-ci, en reconstituant les mécanismes d’attribution, de régulation et d’organisation mis en place à mesure que l’ouvrage façonne son propre mode d’existence.

Intervenant·es
Michel Klein
Michel Klein

Directeur Général Adjoint chez MAF · Expérience : Mutuelle des Architectes Français assurances

Ludovic Patouret
Ludovic Patouret

Ingénieur-Expert, Gérant chez GECAMEX

Synthèse

L’expertise comme la maintenance n’est pas une activité codifiée, ni enseignée. Elle s’appuie sur une somme d’expériences et se pratique dans une zone grise, dans un double mouvement d’itération entre un état de perfection et l’objet imparfait de l’expertise, et de reconstitution de la ligne du temps, pour retracer la vie d’ouvrages moins inertes qu’on ne le suppose. Cette zone grise, c’est plus largement celle qui se trouve dans l’ombre d’un cadre assurantiel, qui lui est très codifié et borné dans le temps : entre garantie de parfait achèvement et garantie décennale, ce système assurantiel organisé autour de la phase de conception-réalisation de l’ouvrage entretient l’idée d’une perfection originelle qui laisse peu place pour l’entretien et la maintenance, a fortorio parce qu’il n’existe pas de cadre réglementaire sur la maintenance A travers un cas qui a défrayé la chronique il y a quelques années, dix-huit ans après sa réception, huit ans après le délai d’expiration de la décennale, le récit met en lumière de nombreuses pistes de réflexion.

Accepter l’imperfection :

« En expertise, on intervient toujours dans une zone grise entre la perfection (ce qu’on aurait dû faire) et ce que l’on constate ». Le mécanisme de garantie décennale prolonge fictivement cet état de perfection théorique. Un système « pousse au crime » du point de vue de l’assureur où l’on passe par le sinistre pour révéler la nécessité de la maintenance.

Le délai d’épreuve :

repenser la décennale comme la période où se construisent les connaissances sur l’ouvrage, la période d’identification de ses imperfections mais aussi de son altération, “le moment où le bâtiment pourrait s’exprimer et pendant lequel il faut être attentif et apprendre à le connaître : tout processus de production, admet des imperfections. Le but c’est de les déceler en temps et en heure.  Si l’imperfection n’est pas décelée au moment de la réception, elle est censée se manifester dans le délai d’épreuves”.

La vie matérielle, mode d’emploi :

: dans la réglementation comme en droit, l’immeuble est présupposé inerte comme si tout se jouait entre la conception et la réalisation. La vie de l’ouvrage compte peu dans l’instruction des litiges et l’ouvrage n’est jamais livré avec son mode d’emploi.

“Au final, tout ça se passe sur un court laps de temps. On ne prend pas le temps en effet de questionner le projet par rapport au futur. On ne prend pas le temps de se projeter dans le futur.”

Le carnet d’entretien, journal de bord de l’immeuble ?

L’expert est celui qui reconstitue a posteriori la vie de l’immeuble là où une pratique effective et partagée des carnets d’entretien pourrait contribuer à produire et partager la connaissance de l’ouvrage sur le temps long. Un outil à réinterroger pour donner corps à l’ouvrage et en prendre soin ?

L’obsolescence, une affaire de valeur ?

Derrière l’idée d’une dégradation inéluctable de la valeur des actifs se loge la croyance d’un état idéal de l’ouvrage qui serait nécessairement au plus proche de la conception, et ne pourrait que s’en éloigner au fil du temps jusqu’à la prochaine restructuration.

Réglementer l’attention ?

: « La maintenance est une affaire d’attention permanente : si on ne sort pas de la norme, on risque de rater des choses ». Dans l’univers très normatif de la construction, quelle place pour légiférer et normer en matière de maintenance ?

Bibliographie

ALLER PLUS LOIN

Infos pratiques
12 juin 2025

De

10:00

à

13:00

Agence SCAU, 35 rue Tournefort, 75005 Paris